Archives mensuelles : décembre 2011

Chaussures et ballon de foot pour Noël d’autrefois

Au pied du sapin, le jour de Noël, la première paire de chaussures à crampons, le premier ballon de cuir sont restés de jolis souvenirs d’enfance. Lire la suite

Les enfants du Parc des Princes, dans l’hiver 1941

Retrouvées dans les formidables archives de « L’Equipe », ces étonnantes photos datent de 1941. La scène se passe le 18 décembre . Un jeudi, jour des enfants. Lire la suite

Montpellier, ce fut d’abord le S.O.M.

En décembre 2011, Montpellier est leader du championnat de France professionnel de football. Le club, Montpellier-Hérault Sport Club, est un club encore jeune: créé en 1974 sous le nom de Montpellier-Paillade Sport Club, il n’a pas 40 ans d’âge. Un autre club de la ville, les Sports Olympiques Montpelliérains, a connu la gloire. 

  • Le 5 mai 1929, le S.O.M. remporte la Coupe de France, en battant le grand voisin, le F.C. Sète (2-0), qui perd ici sa troisième finale. Les buts sont inscrits par deux des trois frères Kramer de l’équipe, Auguste et Edmond Kramer. Les trois frères sont internationaux suisses: 10 sélections pour Edmond (de 1924 à 1932), 5 pour Georges (en 1920 et 1921), 1 pour Auguste (en 1924).
  • Etrange déclaration de Georges Kramer à « L’Auto », après le match: « Moi, je suis vanné. Eh! si je suis vanné, c’est que je viens de jouer tout le match au milieu d’une superbe crise de jaunisse. Tu n’as jamais joué un match, toi, avec une crise de jaunisse ? » Le journaliste (E.G., sans doute pour Emmanuel Gambardella) enchaîne: « J’avoue avoir fait les deux, mais successivement. Georges rit jaune, mais au sens du mot, et s’éloigne, déclarant qu’il va se coucher aussitôt. »

    Le tour d'honneur des Montpelliérains, à Colombes

  • Les onze vainqueurs: André Guillard dans les buts; Maurice Olivet et Roger Rolhion à l’arrière; André Bousquet, René Dedieu et Louis Mistral en demis; Edmond Kramer, le capitaine Jacques Temple, Auguste Kramer, Georges Kramer, Branislav Sekulic à l’attaque. 
  • Le Yougoslave Sekulic disputera en 1930 la première Coupe du monde. Trois joueurs de cette équipe ont été internationaux français: Dedieu (6 sélections de 1924 à 1927), Mistral (5 sélections de 1920 à 1923), Rolhion (4 sélections de 1931 à 1933). Guillard et Bousquet ont été remplaçants en équipe de France.
  • Pour atteindre la finale de 1929, Montpellier a éliminé Annemasse (5-2), le Stade de l’Est (5-2), le F.C.Mulhouse (4-3), Rennes (5-0) et Saint-Raphaël (1-0).
  • Le 3 mai 1931, Montpellier joue une seconde finale de Coupe de France, mais la perd (0-3), face au Club Français. L’équipe est composée de: André Guillard; André et Désiré Boutet; Pierre Hornus, René Dedieu, Yves Dupont; Charles Matte, Charles Cros, Roger Rolhion, Jacques et Pierre Temple. Cette équipe est composée de joueurs du Langeudoc, à l’exception de l’Alsacien Hornus.
  • Le S.O.M. fait partie des vingt premiers clubs professionnels français en 1932. Son meilleur classement est obtenu dès la première saison, en 1932-1933: 4e du groupe B. L’équipe-type: André Guillard – André Boutet, Roger Rolhion – André Bousquet, Alfred Kaucsar, Pierre Hornus – Istvan Zavadsky, Maxime Deschizeaulx, Georges Varga, René Gérard, Ladislas Kalix. Autres joueurs de cette première équipe professionnelle de Montpellier: Ernest Nemeth, Karel Kurdna, Pierre Granier, Adrien Cros, Milan Becic, Georges Swarek. Parmi eux, 5 Hongrois, 2 Tchécoslovaques, 1 Yougoslave. Le nombre de joueurs étrangers n’est pas encore limité.
  • Dans les championnats à un groupe, la meilleure performance du premier club de Montpellier est une 8e place, en 1961-1962. L’équipe type est composée de: Claude Mallet – Serge Aubert, René Mandaron, Barthélemy Mesas – Marc Bourrier, Georges Calmettes – Jean Marcialis, Abderrahmane Mahjoub – Sékou Touré, Max Ferrier, Frédéric N’Doumbé. Autres joueurs utilisés: Jean-Claude Archimbeau, Henri Augé, José Caraballo, Yves Delset, Alain Dessons, Gaspard Ebélé, Robert Fabre, Barthélemy Gomez, Mohamed Khalfi, Frédéric Senglat. Entraîneur: Hervé Mirouze.

VOIR AUSSI

  1. Dictionnaire historique des clubs de football français, édition Pages de Foot, 1999.
  2. Coupe de France, la folle épopée, éditions L’Equipe, 2007.
  3. L’article de Wikipedia su le club de Montpellier

Montpellier, d’un club à l’autre

Le football professionnel a failli disparaître de Montpellier à la fin des années 1960. Repères chronologiques de cette période où le vieux S.O.M. meurt et où naît et se trasnforme le club actuel.

  • 1969: le club de football de Montpellier ( le S.O.M.), 17e du championnat de division 2, n’est pas autorisé à conserver le statut professionnel en raison de sa situation financière. Le club repart en championnat de France amateurs.
  • 1970: Le S.O.M. se transforme en Montpellier-Littoral F.C. Le nouveau club profite de la refondation des compétitions nationales. Un championnat National à trois groupes, ouvert aux clubs professionnels et amateurs est créé. La FFF en profite pour relancer le football dans des villes qui ont disparu du paysage professionnel. Montpellier est de ceux-là.
  • 1974: Montpellier-Littoral termine 15e du groupe Sud de division 3. Le stade Richter n’est plus aux normes. Le club fusionne avec le club du quartier de La Paillade, l’A.S.Paillade. Montpellier La Paillade Sport Club repart en division d’honneur. Le club se rapproche très vite de Louis Nicollin, dont l’équipe de son entreprise, la Formation Sportive de Nettoiement, a atteint la finale de la Coupe de France corporative.
  • 5 novembre 1974: La fusion est effective.
  • 1976: montée en division 3.
  • 1978: montée en division 2.
  • 1981: première montée en division 1.
  • 1987-1988: deuxième montée en division 1. Montpellier termine 3e et sze qualifie pour la Coupe de l’UEFA.
  • 1989: Le M.P.S.C. devient Montpellier-Hérault Sport Club. Le club change de couleurs. Le rouge et le blanc (couleurs de la ville) qui étaient déjà les couleurs du vieux S.O.M. sont abandonnés au profit du bleu et de l’orange.
  • 1990: Montpellier remporte la Coupe de France contre le Racing Paris 1 (2-1, après prolongation). 61 ans après la victoire du S.O.M. 

16 décembre 1961: Les Bleus plongent dans le noir

Le 16 décembre 1961, il y a cinquante ans, l’équipe de France de football affronte la Bulgarie dans un match d’appui qualificatif pour la Coupe du monde qui se déroulera en 1962, au Chili. Le match se déroule à Milan. Les Bleus sont battus 1-0. Ils étaient demi-finalistes de la Coupe du monde 1958. Les voici éliminés. Le football français plonge dans une crise qui durera plus de quinze ans. Lire la suite

La fiche de France-Bulgarie (0-1), 16 décembre 1961

  • Le 16 décembre 1961, Milan, San Siro
  • qualification Coupe du monde, match d’appui
  • BULGARIE bat FRANCE 1-0 (mi-temps: 0-0).
  • 34 740 spectateurs.
  • Arbitre: M.Lo Bello (Italie).
  • But: Lerond (47e, contre son camp).
  • FRANCE (maillot bleu): 1. Bernard (Nîmes) – 2. Wendling (Reims), 4. Maryan (Sedan), 5. Lerond (Stade Français), 3. Rodzik (Reims) – 8. Muller (Reims), 6. Ferrier (Saint-Etienne) – 7. Wisnieski (Lens), 9. Skiba (Stade Français), 10. Heutte (R.C.Paris), 11. Van Sam (R.C.Paris). Capitaine: Lerond. Sélectionneur: G.Verriest; entraîneur: A.Batteux.
  • BULGARIE(maillot blanc): 1. Naidenov (CDNA Sofia) – 2. Rakarov (CDNA Sofia), 3. Dimitrov (Lokomotiv Sofia), 6. Kovatchev (CDNA Sofia) – 4. Metodiev (Lokomotiv Sofia), 8. Velitchkov (Slavia Sofia), 9. Iliev (Levski Sofia) – 5. Dimov (Spartak Plovdiv), 7. Diev (Spartak Plovdiv), 11. Kolev (CDNA Sofia), 10. Yakimov (CDNA Sofia). Capitaine: Kolev. Entraîneurs: Patchediev et Tchakharov.

    Pierre Bernard, dans la position du gardien battu

  • Le but: 47e minute.- Passe de Kolev à Yakimov, sur la droite. Celui-ci tire et André Lerond, en voulant le contrer, dévie le ballon qui trompe Pierre Bernard.

1960: Le Barça donne au Real « la mort dont il rêvait »

Il y a un demi-siècle, on ne parle pas encore de « clasico » à propos des matches de football entre Barcelone et le Real Madrid. Moment historique, le 23 novembre 1960: le Real Madrid est éliminé pour la première fois de la Coupe d’Europe des clubs champions qu’il avait remportée cinq fois depuis la première finale, en 1956.  Il est victime du F.C.Barcelone. Comme par hasard.

  • C’est la deuxième fois que le Real et le Barça s’affrontent en Coupe des champions. La saison précédente, en demi-finales, le Real a remporté les deux rencontres, 3-2 à Madrid, 3-1 à Barcelone.
  • Depuis la première Coupe d’Europe, en 1955-1956, le Real a franchi 20 tours sur 20, finales comprises.

A Madrid, le Real restait sur 16 victoires en Coupe d’Europe !

  • Au match aller, à Madrid, les deux équipes ont fait match nul 2-2. Buts pour le Real: Mateos (2e) et Gento (32e); pour Barcelone: Suarez (27e et 87e sur penalty). C’est la première fois que le Real ne gagne pas à domicile en Coupe d’Europe. Depuis 1955, il restait sur 16 victoires à Chamartin (le futur stade Santiago-Bernabeu). C’est aussi la première fois que le Real ne bat pas le Barça à Madrid depuis qu’existe la Coupe d’Europe.
  • Deux extraits du récit de l’envoyé spécial de « L’Equipe » et de « France-Football », Jacques Ferran, résument les deux aspects du match aller (« France-Football » du 15 novembre).  D’abord un grand match: « Ce fut un paradoxe de voir Un Real diminué par la méforme de Di Stefano et Puskas et un Barcelone inférieur à l’équipe irrésistible de la saison dernière jouer ensemble un football presque irréel à force de perfection. » Puis, dans la dernière demi-heure, une succession d’incidents: « Si l’on avait continué de jouer rien qu’au football sur le terrain madrilène, le Real l’eût emporté assez nettement. Mais de football, il en fut beaucoup moins question dans la dernière demi-heure. Au jeu succéda l’antijeu, à la sérénité l’énervement, au souci de construire le désir de se venger. »
  • Ce n’est que le matin du second match que les médecins du Barça autorisent le meneur de jeu de l’équipe, Laszlo Kubala, blessé, à jouer. La fiche technique présentée dans « L’Equipe » du matin montre les incertitudes concernant l’équipe du Barça.  Curieusement, le stade est appelé « Miro Sans », du nom du président du Barça. Notons aussi la numérotation classique des joueurs, de 1 à 11. Kubala, ailier droit nominal, est en fait un « numéro 10 » jouant en retrait des attaquants de pointe.

Dans « L’Equipe » apparaît le mot « classique »

  • A la lecture du quotidien catalan, « El Mundo Deportivo », le terme de « clasico » n’apparaît jamais. Dans un papier d’ambiance de « L’Equipe », sous la signature de Robert Vergne, on lit cependant: « Tout un peuple, disions-nous, mais aussi d’autres peuples, se passionnent pour le plus grand classique actuel du football européen. »
  • Autre phrase, prémonitoire, qui pourrait être écrite au siècle suivant: « Décidément, le Real et Barcelone ne sont plus espagnols ! Ou plus exactement, devrait-on dire, ils n’appartiennent plus exclusivement à l’Espagne, mais à l’Europe entière, celle du football. » Pourtant, en 1960, les matches télévisés sont rares. A l’heure du match, la chaîne unique de la télévision française propose l’émission de variétés « Music-hall » (20 h.30), puis l’émission littéraire de Pierre Dumayet, « Lectures pour tous » (21 h.30).
  • Barcelone l’emporte 2-1 à l’issue d’une rencontre pendant laquelle l’arbitre anglais, M.Leafe, prend plusieurs décisions que contesteront les Madrilènes (voir la description du match).  
  • La une du journal catalan « El Mundo Deportivo » célèbre le lendemain l’exploit du Barça.

    "Barcelone, brillant vainqueur de Madrid"

  • Une jolie phrase, de Raimundo Saporta, le dirigeant du Real: « Le Barça a donné au Real la mort dont il rêvait. »
  • Le journal de Madrid, « Marca », rend les honneurs au Real.

    La une de Marca

  • Le match de championnat du Real qui suit l’élimination en Coupe d’Europe se déroule au stade Bernabeu. Le Real écrase Oviedo 7-0. Le correspondant de « France-Football » décrit une ambiance extraordinaire pour ce match:

    Un accueil triomphal à Madrid !

 

Barcelone sauvé d’une crise financière

  • A Barcelone, la qualification va permettre au club de résoudre en partie une grave crise financière. « France-Football » (29 novembre) souligne « l’évanouissement d’une menace terrible pour le club et l’espoir de se tirer d’une impasse financière où la construction du grand stade a placé le grand club catalan. » L’administrateur général du Barça, M.Gich, a déclaré à « L’Equipe »: « on peut chiffrer notre plus-value depuis l’exploit d’hier à 30 pour cent. »
  • Dans « L’Equipe » du surlendemain du match de Barcelone, Jacques Ferran écrit: « Les clubs espagnols sont-ils favorables au projet de Championnat d’Europe dont il est de plus en plus question en France et en Angleterre ? Barcelone n’y croit guère, estimant que les petits clubs espagnols ne consentiront jamais à se priver des recettes que leur assure la visite des deux ou trois grands. Quant au Real, il est moins affirmatif. Il demande à voir, à étudier. »
  • En 1960 déjà, l’idée de réunir les grands d’Europe dans un championnat dontinental a germé. Déjà apparaissent les divergences des intérêts des « grands » et des « petits » clubs, et la possible concurrence opposant compétitions internationales et championnats nationaux.

Didier Braun