Archives de Catégorie: Les immortels

La première star du foot français jouait au Red Star

Le Red Star, qui rencontre Marseille en Coupe de France le 8 janvier 2012, a eu dans ses rangs la première vedette du football français: Pierre Chayriguès. Lire la suite

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Pierre Chayriguès

  • Pierre Chayriguès
  • né le 2 mai 1892 à Paris (16e). Voir acte de naissance sur le site des Archives de Paris (image page 16).
  • mort le 19 mars 1965 à Levallois-Perret (92).
  • clubs successifs: F.E.C.Levallois, U.S.A.Clichy (1907-1911), Red Star (1911-1914 puis 1919-1926), U.S.Suisse (à la fin de la Première guerre mondiale), Club Français (1926-1927).
  • palmarès: vainqueur de la Coupe de France en 1921 (Red Star-Olympique, 2-1), 1922 (Red Star-Rennes, 2-0) et 1923 (Red Star-Cette, 4-2); champion de la Ligue de Paris en 1922 et 1924; champion de la L.F.A. en 1912.

  

 

 

 

  • sélections en équipe de France: 21 sélections (de 1911 à 1925). Première sélection: le 29 octobre 1911, à Luxembourg (Luxembourg-France, 1-4); dernière sélection: le 21 mai 1925, à Colombes (France-Angleterre, 2-3). Participe aux jeux Olympiques de 1924.
  • principales blessures: sa carrière ayant été endommagée par de nombreuses blessures, voici celles que lui-même a énumérées: avant-Guerre, fracture du bras;  lors de France-Tchécoslovaquie des Jeux Interalliés en 1919, fracture du bassin et de l’épaule, plus doigts écrasés (il ne rejouera pour la première fois que lors de la finale de Coupe de France du 24 avril 1921); lors de France-Uruguay des J.O. de 1924, côte enfoncée; au cours du match de sélection Nord-Paris (3-0) du 13 décembre 1925, à Roubaix, fracture de la cheville et du péroné. Cette blessure marque pratiquement la fin de carrière de Chayriguès.

Didier Braun

Que retiendra-t-on de Socrates ?

L’ancien international de football brésilien Socrates est décédé le 4 décembre 2011, à 57 ans. Que retiendra-t-on de lui d’abord ? Qu’il fut un grand joueur ou qu’il fut un cas très rare de champion ayant un engagement politique dans le cadre de son activité sportive?

L'hommage des joueurs des Corinthians à Socrates

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La carrière du joueur a été abondamment relatée. C’est celle d’un des grands artistes du football brésilien des années 1980, la seule décennie depuis un demi-siècle pendant laquelle le Brésil n’a pas gagné de Coupe du monde. Le jeu de Socrates est connu.
Le souvenir en serait-il aussi sublime s’il n’avait pas été, dans le cadre de son club, les Corinthians,  un spectaculaire militant de la démocratie sous le régime de dictature qui a dirigé le Brésil, de 1964 à 1985 ? 
Pourquoi vous souvenez-vous de Socrates ?
Pour son talent de footballeur ?
Pour activité militante ?
 
Lire:
 
 
 
 
 
 
 

Socrates

  • Brasileiro Sampaio de Souza Vieira de Oliveira, SOCRATES.
  • né le 19 février 1954 à Belem (Brésil).
  • Mort le 4 décembre 2011 à Sao Paulo (Brésil).
  • Milieu de terrain offensif.
  • Clubs: Botafogo Ribeirao Preto (1974-1978), Corinthians (1978-1984), Fiorentina (1984-1986), Flamengo (1986-1987), Santos (1988-1989), Botafogo Ribeirao Preto (1989).
  • Palmarès: champion de Sao Paulo en 1979, 1982, 1983; de Rio en 1986.
  • 60 sélections (22 buts marqués) en équipe du Brésil, de 1979 à 1986. 

Socrates: Ce faux lent voyait vite

Ceci est l’article paru sur le jeu de Socrates dans « L’Equipe » du 5 décembre 2011.

Avec Socrates, le vieux dogme qui voudrait que les joueurs petits sont forcément techniques, et les géants, nécessairement physiques, en prend un coup. Dans ce jeu, les vérités sont multiples. Socrates mesurait 1,93m et les mini-shorts à la mode des années 80 lui allongeaient encore les jambes. «  Mes jambes sont trop grandes et mes pieds trop petits « , a-t-il dit un jour. Sa morphologie ne l’a pas empêché de devenir un des plus beaux joueurs de ballon des années 80, que Paris découvrit lors du France-Brésil de 1981 (1-3), dans lequel il réussit un bijou de lob sur Castaneda, sur une passe de Zico, ce petit qui allait si bien avec ce grand.

Son allure chaloupée de feinteur immobile donnait au jeu de Socrates une apparence de lenteur. Il courait certes moins vite que ce ballon qu’il faisait vivre avec tant de justesse (ses admirables passes de l’extérieur…), le plus souvent à peu de distance, car ce grand type choyait le jeu court. De là-haut, il était aussi la vigie de l’équipe de Télé Santana, partant de loin, voyant loin et anticipant sur la tactique à suivre, ce dont il raffolait. Le docteur en médecine l’était aussi en stratégie du jeu.

Les résultats internationaux n’ont pas rendu justice à celui qui la réclamait pour le peuple, un bandeau sur le front. Ce Brésil qui enchanta le monde ne gagna rien, ni Copa America, ni Coupe du monde. Au Mundial espagnol de 1982, il avait survolé le tournoi jusqu’au moment où il se cassa les dents sur l’Italie du triple buteur Paolo Rossi. Au Mexique, quatre ans plus tard, un Brésil à peine changé, avec un Socrates moins en évidence, marcha sur les traces de sa devancière de 1970 pendant quatre matches (quatre victoires, neuf buts marqués, zéro encaissé), plus 41 minutes du cinquième – le légendaire France-Brésil du 21 juin, jusqu’à l’instant où Platini mit les équipes à égalité (1-1) pour l’éternité moins les tirs au but.

Alors, l’ombre descendit sur le stade et Socrates s’éteignit. Manque de chance, c’est lui qui donna à Zico le conseil de tirer son penalty (73e minute) sur la gauche de Bats, où le gardien français alla le chercher. Pire, ce fut Socrates qui fut chargé du premier tir au but de la terrible épreuve. S’arrêtant sur sa jambe d’appui, il frappa sur la droite de Bats, en force. Le Parisien alla le chercher aussi. Ce fut le dernier geste du docteur aux longues jambes en équipe de Brésil. En ce triste jour, on le reprocherait presque au gardien français.

Didier Braun

Jacques Mairesse, le premier syndicaliste du foot français

Jacques Mairesse a été le secrétaire général puis le président du premier syndicat des joueurs professionnels français, en 1936. Il a été défenseur du F.C.Sète, avant l’instauration du professionalisme, puis du Red Star et de Villeurbanne.

  • Il a été sélectionné 8 fois en équipe de France entre 1927 et 1934. Il a été 1 fois capitaine de la sélection (Roumanie-France, 6-3, le 12 juin 1932) et a disputé le match de Coupe du monde de 1934, contre l’Autriche (2-3, après prolongation), à Turin.

Jacques Mairesse (à droite) au cours de Pays-Bas-France (4-5) en 1934

  • Il a trouvé la mort le 15 juin 1940, à Véron (Yonne). Fait prisonnier, il fut tué par ses gardiens contre qui il s’était rebellé.
  • Il a écrit dans les années 1930 un ouvrage, intitulé: « Football, quand tu nous tiens ».

NB: Contrairement à ce qu’indiquent de nombreux articles publiés sur Internet (dont celui que lui consacre Wikipedia), Mairesse n’a gagné la Coupe de France, ni avec Sète, ni avec le R.C.Strasbourg, club où il n’a jamais joué. 

  • Dans « l’almanach du football 1946 », publié par l’équipe  du journal « Ce Soir », François Thébaud lui rendait hommage dans un texte dont voici un extrait:

« En juin 1940, à Sens, Jacques Mairesse tombait en combattant. Il ne pouvait s’avouer vaincu celui qui forma dans l’équipe de France avec Etienne Mattler, cet autre « lion », une paire de défenseurs au courage indomptable…

Il mourait comme il avait vécu. Car lutteur il le fut aussi hors de ces terrains de football « où il n’y a pas de combines », pour employer une expression qui lui fut chère. Fondateur du syndicat des joueurs professionnels, il s’attira les sarcasmes, les calomnies, les attaques sournoises et haineuses, les pressions, les basses vengeances de tous ceux pour qui le sport n’est qu’une source de profits.

Mairesse s’était élevé contre le scandaleux système des « transferts » que les « pros » subissent encore aujourd’hui. Les faits ont démontré comme il avait eu raison, sportivement et humainement et combien la présence de cet être passionné, emporté parfois, mais foncièrement honnête et bon, eût servi la cause de notre sport. »

Antoine Pazur, international 40 ans après

L’ancien défenseur Antoine Pazur est décédé le 20 octobre 2011 à l’âge de 80 ans. Il était international. Enfin presque. Il a dû attendre 40 ans pour l’être reconnu.

Un match « officieux »

En 1953, le défenseur de Lille Antoine Pazur dispute un match qualificatif de Coupe du monde de l’équipe de France, contre le Luxembourg (8-0). L’écart entre les deux équipes est immense. Les sélectionneurs français alignent la sélection Espoirs. Ce match officiel ne sera pas référencé parmi les rencontresofficielles de l’équipe de France. Les joueurs qui l’ont disputé n’ont pas droit à une sélection pour y avoir participé.

Pazur, mais aussi le gardien Jean-Pierre Kress (Strasbourg), Jean Desgranges (Lens) et Marius Bruat (Sochaux) n’ont joué que ce seul match en équipe de France. Leur nom n’est pas apparu dans la liste des internationaux. Les trois buts que Just Fontaine a marqués ce jour-là ne sont pas non plus mis à son crédit.

… qui devient officiel

Quarante ans après le match, la FFF, informée par la commission d’histoire qu’a mise en place Maurice Burlaz, vice-président, intègre enfin cette rencontre dans la liste des matches officiels de l’équipe de France. Ses participants y gagnent une sélection et Fontaine ajoute trois buts à son palmarès: 27 buts au lieu de 21. Bruat, Desgranges Kress et Pazur sont enfin reconnus comme internationaux à part entière.

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