Archives de Tag: Red Star

La première star du foot français jouait au Red Star

Le Red Star, qui rencontre Marseille en Coupe de France le 8 janvier 2012, a eu dans ses rangs la première vedette du football français: Pierre Chayriguès. Lire la suite

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De belles images des années 1930, à Saint-Ouen

Pour illustrer le Saint-Ouen du Red Star d’avant-guerre, voici trois magnifiques photos retrouvées dans le fonds de « L’Equipe » (Merci à mes amis des archives). Lire la suite

Red Star: de Grenelle à Saint-Ouen

Contrairement à l’idée reçue, il n’existe aucun lien entre le nom du « Red Star » (Etoile rouge), le célèbre club de football de la banlieue nord qui rencontre l’OM en Coupe de France ce 7 janvier 2012, et son implantation à Saint-Ouen, au coeur de la banlieue ouvrière de Paris, une municipalité dirigée par les partis de gauche depuis longtemps, Jean Pernin, maire en 1887-1888 puis en 1889-1891, étant considéré comme le premier maire socialiste de France. Pour une raison toute simple: le Red Star s’est appelé ainsi bien avant de s’intaller à Saint-Ouen.

  • Au pied de la tour Eiffel

Le Red Star est fondé le 21 février 1897 par un jeune homme nourrissant quelques ambitions politiques (le Sillon de Marc Sangnier, mouvement démocrate chrétien), Jules Rimet et par plusieurs de ses amis, dans un quartier du centre de Paris, le Gros-Caillou, près de Grenelle et de la tour Eiffel. Au moment de trouver un nom au club, l’expression « Red Star » est lancée et adoptée. La mode, parmi les sportifs de l’époque, est à l’anglais. Les clubs réputés de Paris s’appellent White Rovers, Standard, Racing, Athletic. Mais bien que l’emblème soit l’étoile rouge, les couleurs du club sont le bleu marine et le blanc.

Le premier siège du club se situe dans le même quartier, sur la rive gauche de la Seine, au 40 de la rue Fabert. Les matches se déroulent au bord du Champ de Mars, mais les premières activités sportives du club se situent surtout dans les domaines de l’athlétisme et du cyclisme (en 1898, le Red Star fusionne avec l’Union pédestre de la rive gauche).

  • Meudon, puis la rue Nélaton

La transformation du quartier (Paris prépare l’Exposition universelle pour 1900) et la pression immobilière obligent le Red Star à s’expatrier. De 1898 à 1902, le club trouve refuge à Meudon, dans la banlieue sud-ouest.

En 1907, le Red Star fusionne avec l’Amical Football Club, et devient le Red Star Amical club, qui gardera ce nom jusqu’en 1926, date de la fusion avec l’Olympqie. Le club revient dans Paris. Il loue un terrain situé près de la Seine, à la station de métro Grenelle (aujourd’hui Bir-Hakeim), rue Nélaton.

En 1909, est décidée la construction du Vélodrome d’hiver à l’emplacement du stade nouvellement aménagé. Le Vél’ d’Hiv’ est inauguré le 30 octobre 1910. Le Red Star n’a plus de stade.

  • 1911, l’exode vers Saint-Ouen

Au début du XXe siècle, la commune de Saint-Ouen achève la transformation qui a fait muter la campagne de jadis en cité industrielle, au-delà des fortifications où sévissaient les chiffonniers qui ont créé le célèbre marché aux Puces. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la ville a décuplé sa population (35 000 habitants en 1900).

Mais il reste encore des friches et des espaces libres, au milieu des usines, des entrepôts et des lignes de chemins de fer.

C’est là, rue de la Chapelle, que les dirigeants du Red Star trouvent leur nouveau terrain, à quelques centaines de mètres du stade de l’autre club audonien, la Jeune Athlétique de Saint-Ouen (la J.A.O.), situé rue du Landy.

Le stade est inauguré le 23 mars 1911, à l’ocasion d’un match international entre la France et l’Angleterre (0-3) auquel participent quatre joueurs du Red Star: Alfred Gindrat, Pol Morel, Eugène Maës et Julien Verbrugge. Le journal « L’Auto » indique les moyens de transport pour se rendre au stade: en métro, station Clignancourt; par la Ceinture (Ornano); en tramway, par les lignes Bastille-Clignancourt, Bastille-Cimetière de Saint-Ouen, Trinité-Enghien.

La première image du nouveau stade, parue dans « L’Auto », est celle-ci:

On aperçoit à l’arrière-plan les immeubles situés de l’autre côté de la rue de la Chapelle. Dès l’été suivant, le stade est aménagé. Une première toiture couvre les places réservées. Les aménagements se poursuivront après la Première Guerre mondiale, alors que le Red Star devient la meilleure équipe française.

Dans le même temps, la ville achève son industrialisation. Dans les années 1930, le stade est enserré au milieu des usines. Saint-Ouen est totalement urbanisée.

Le Red Star est alors devenu le club de la « ceinture rouge » de Paris. Et son « étoile rouge », née dans le quartier de Grenelle, va symboliser le football de la ville ouvrière.

Après la Deuxième Guerre mondiale, la rue de la Chapelle, où se situe le stade de Paris, sera rebaptisée rue du Docteur-Bauer, du nom d’un médecin, Jean-Claude Bauer, militant communiste et résistant, fusillé par les Allemands au Mont-Valérien le 23 mai 1942.

Didier Braun

SOURCES:

◊ Guillaume Hanoteau, Le Red Star. Mémoires d’un club légendaire, Editions Seghers, 1983.

◊ François de Montvalon, Frédéric Lombard, Joël Simon, Gilles Saillant, Pierre Laporte, Red Star. Histoires d’un siècle, Edition Club du Red Star, 1999.

◊ www.allezredstar.com

◊ http://www.atlas-patrimoine93.fr/

Jacques Mairesse, le premier syndicaliste du foot français

Jacques Mairesse a été le secrétaire général puis le président du premier syndicat des joueurs professionnels français, en 1936. Il a été défenseur du F.C.Sète, avant l’instauration du professionalisme, puis du Red Star et de Villeurbanne.

  • Il a été sélectionné 8 fois en équipe de France entre 1927 et 1934. Il a été 1 fois capitaine de la sélection (Roumanie-France, 6-3, le 12 juin 1932) et a disputé le match de Coupe du monde de 1934, contre l’Autriche (2-3, après prolongation), à Turin.

Jacques Mairesse (à droite) au cours de Pays-Bas-France (4-5) en 1934

  • Il a trouvé la mort le 15 juin 1940, à Véron (Yonne). Fait prisonnier, il fut tué par ses gardiens contre qui il s’était rebellé.
  • Il a écrit dans les années 1930 un ouvrage, intitulé: « Football, quand tu nous tiens ».

NB: Contrairement à ce qu’indiquent de nombreux articles publiés sur Internet (dont celui que lui consacre Wikipedia), Mairesse n’a gagné la Coupe de France, ni avec Sète, ni avec le R.C.Strasbourg, club où il n’a jamais joué. 

  • Dans « l’almanach du football 1946 », publié par l’équipe  du journal « Ce Soir », François Thébaud lui rendait hommage dans un texte dont voici un extrait:

« En juin 1940, à Sens, Jacques Mairesse tombait en combattant. Il ne pouvait s’avouer vaincu celui qui forma dans l’équipe de France avec Etienne Mattler, cet autre « lion », une paire de défenseurs au courage indomptable…

Il mourait comme il avait vécu. Car lutteur il le fut aussi hors de ces terrains de football « où il n’y a pas de combines », pour employer une expression qui lui fut chère. Fondateur du syndicat des joueurs professionnels, il s’attira les sarcasmes, les calomnies, les attaques sournoises et haineuses, les pressions, les basses vengeances de tous ceux pour qui le sport n’est qu’une source de profits.

Mairesse s’était élevé contre le scandaleux système des « transferts » que les « pros » subissent encore aujourd’hui. Les faits ont démontré comme il avait eu raison, sportivement et humainement et combien la présence de cet être passionné, emporté parfois, mais foncièrement honnête et bon, eût servi la cause de notre sport. »

1926: Paris découvre le Barça

Le 11 novembre 1926, le public parisien découvre pour la première fois le F.C.Barcelone. Le quotidien sportif « L’Auto » annonce à la une du journal la venue dans la capitale du Barça, « la plus réputée des équipes espagnoles ». Barcelone jouera l’après-midi une rencontre de gala contre le Red Star. Il est précisé que l’équipe catalane portera un maillot grenat et or.

Un renom déjà mondial

La présentation du Barça par l’ancêtre de L’Equipe mérite d’être lue:

« Le match de football de cet après-midi au Stade Buffalo est appelé à faire sensation. Il verra une des meilleurs équipes du monde, le Football Club de Barcelone, sept fois champion d’Espagne et dix-sept fois champion de Catalogne aux prises avec une sélection constituée par le Red Star Olympique.

Le renom du  »Barcelona » est mondial. C’est le club le plus puissant et le plus populaire de Catalogne et d’Espagne. Il compte dix mille membres actifs ou supporters. Les matches qu’il dispute sur son superbe stade sont suivis par des foules qui oscillent entre vingt-cinq et trente mille spectateurs. Et ce club ne se déplace jamais. Il a fallu les cordiales relations qui unissent le F.C.Barcelone et le Red Star pour arriver à la conclusion de l’exceptionnel match d’aujourd’hui. » (« L’Auto », 11 novembre 1926)

20.000 spectateurs emplissent le stade Buffalo, à Montrouge et assistent à la large victoire du Barça, sur le score de 4-1.

  • Les deux équipes (telles qu’on les lit dans « L’Auto »):
  • F.C.BARCELONE: Llorens – Montane, Mas – Arnau, Sancho, Carnella – Pierra, Samitier, Sastre, Pedrol, Sagi Barba.
  • RED STAR OLYMPIQUE: Friess – Diaz, Rollet – Hugues (puis Baron), Domergue (puis Hugues), Wartel – Cordon, Stuttler, Nicolas, Bloch, Sentubéry.